Junho 22, 2022
Do Passa Palavra
284 visualizações

Par João Bernardo

En plein XXIe siècle, une puissance nucléaire a déclenché une guerre de conquête et d’annexion de territoires contre un pays voisin, sans parler du pillage des biens, nous plaçant devant un événement que nous pensions appartenir définitivement au passé. L’Europe n’a pas connu de guerres de conquête depuis l’époque napoléonienne. Même les troubles militaires permanents en Afrique reposent sur des guerres civiles et, dans les cas de l’Érythrée et du Sud-Soudan, sur des guerres de sécession, mais jamais sur des guerres de conquête. Et les guerres désastreuses et mal planifiées menées par les États-Unis contre l’Irak et l’Afghanistan visaient à changer des régimes politiques et non à conquérir des territoires ou à intégrer des populations.

Face à ce fait extraordinaire, aux répercussions politiques et économiques mondiales, que fait une partie considérable de la gauche, ou ce qu’il en reste et qui utilise encore ce nom [1]? Elle absout ou, plus hypocritement, elle atténue la responsabilité du régime russe, en prétendant que, avec cette guerre, ce régime s’opposerait à un groupe de puissances encore plus fort et plus agressif. Ce sophisme n’est ni occasionnel ni naïf. Examinons donc son pedigree.

1

Les arguments invoqués aujourd’hui pour défendre Poutine ont été formulés pour la première fois au début de la première décennie du siècle dernier, simultanément sur deux côtés opposés du globe, dans une démarche qui allait conjointement engendrer le fascisme. «Certaines nations sont en situation d’infériorité par rapport aux autres, comme certaines classes sont en situation d’infériorité par rapport aux autres classes. L’Italie est une nation prolétaire», écrivait Enrico Corradini [2]* en octobre 1910. «L’Italie est la prolétaire du monde.» Déjà, dans un livre publié quatre ans plus tôt, le Japonais Kita Ikki* avait soutenu que la guerre de son pays contre la Russie «n’avait pas été menée pour satisfaire les ambitions des militaires ou le désir de profit des capitalistes, mais avait en fait été lancée pour […] l’esprit du peuple»; de manière cohérente, Kita Ikki concluait qu’il fallait promouvoir l’impérialisme japonais en déployant une stratégie qui stimulerait l’agitation contre le colonialisme occidental en Asie. La nation prolétaire est le mythe fondateur du fascisme qui, dès son origine, l’utilise comme justification. De même que le prolétariat voulait s’émanciper économiquement, de même la nation prolétaire s’émanciperait, et après la Première Guerre mondiale, ce mythe a servi au fascisme d’alibi pour ses aventures guerrières.

Les puissances victorieuses de novembre 1918, notamment la Grande-Bretagne et la France, utilisèrent le traité de Versailles* pour restreindre considérablement la souveraineté de l’Allemagne tout en lui imposant la charge de payer régulièrement de colossales réparations de guerre. La grande majorité des Allemands qui portèrent Hitler au pouvoir souhaitaient avant tout se débarrasser du traité de Versailles, et c’était l’un des principaux thèmes de la propagande nationale-socialiste. Le traité de Versailles et le traité de Saint-Germain* avaient également servi à interdire l’unification des deux nations germaniques, l’Allemagne et l’Autriche. Or, le soutien que les partisans d’Hitler trouvèrent en Autriche, et qui permit finalement l’Anschluss*, l’unification des deux pays en un seul Reich, montra la force de l’opposition populaire contre les exigences des vainqueurs de 1918. Si l’Allemagne et l’Autriche avaient été reléguées au rang de nations prolétaires, le Führer promit qu’elles cesseraient de l’être.

Entre-temps, à l’autre bout du monde, le Japon s’était mobilisé lors de la Première Guerre mondiale aux côtés de l’Entente* afin d’étendre son influence dans les îles du Pacifique et d’obtenir une hégémonie politique et économique sur la Chine républicaine, mais ces espoirs furent déçus. Deux ans après que la conférence de Versailles eut satisfait les revendications territoriales japonaises, la Grande-Bretagne céda à la pression américaine et mit fin à son alliance avec le Japon. En effet, la «Destinée manifeste*», qui avait conduit les colonisateurs anglo-saxons à s’étendre de la côte atlantique des États-Unis jusqu’à la côte pacifique, en décimant les indigènes ou en les confinant dans des réserves, les avait ensuite conduits à progresser dans l’océan Pacifique, à forcer le Japon à s’ouvrir au commerce, à coloniser les Philippines, et en 1928, les États-Unis avaient mobilisé environ 5 200 soldats en Chine, soit plus de la moitié des effectifs militaires que le Japon avait stationnés en Mandchourie. Telle était la base réelle évoquée par la version anti-impérialiste de l’expansionnisme japonais.

Contre la nation ploutocratique hégémonique, une nation prolétaire devait se lever. Ainsi, lorsque le fascisme impérial japonais délimita la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale, qui conduisit à la confrontation militaire avec les États-Unis et les puissances coloniales européennes dans le Pacifique, il bénéficia du soutien non seulement d’une partie importante de la population japonaise, mais aussi d’une partie significative des peuples colonisés par les Européens et les Américains, pour lesquels l’invasion japonaise n’allait pas être une invasion mais une libération. Un colonialisme anticolonialiste n’est pas moins paradoxal qu’une nation prolétaire.

Si nous appliquons à cette époque les critères qui conduisent aujourd’hui tant de gens de gauche à justifier l’agressivité guerrière de Poutine, voire à l’applaudir, alors cette gauche devrait également célébrer Hitler et l’Anschluss, tout comme elle devrait louer l’expansion impériale japonaise dans le Pacifique. Le Führer dans le Reich, le fascisme militaire au Japon et, plus modestement, le Duce en Méditerranée dissimulèrent tous leur impérialisme sous un discours anti-impérialiste. La seconde guerre mondiale fut présentée par les fascismes comme un combat des nations prolétaires contre les nations ploutocratiques, exactement ce que font aujourd’hui tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, justifient l’invasion russe de l’Ukraine.

2

Si, comme je le soutiens [3], le fascisme résulte de l’intersection, ou de la convergence, des échos sociaux de la gauche au sein de la droite et des échos nationalistes de la droite au sein de la gauche, alors nous assistons aujourd’hui à un nouvel élan du fascisme, puisque nous voyons une gauche soutenir le régime de Poutine et que ce régime s’appuie également sur cette gauche. Mais la facilité avec laquelle la convergence s’est opérée indique que le terrain avait déjà été labouré et semé par les grands thèmes du postmodernisme – l’écologie [4] et les identitarismes [5].

Cette convergence entre la droite et la gauche qui a renouvelé le fascisme a atteint un nouveau niveau avec les revendications populistes formulées par ces deux courants politiques dans les récents mouvements sociaux et a culminé durant les années de la pandémie avec l’opposition aux vaccins et aux mesures sanitaires. Comme j’ai traité de cette question dans l’un des parties de l’essai «Saint Marx, priez pour nous [6]», je peux poursuivre et renvoie les lecteurs à cet article.

Aujourd’hui, cependant, la dégradation fasciste de cette gauche est descendue encore plus bas parce que, en soutenant Poutine, elle a abdiqué le sens immédiat de l’équité qui avait inspiré toute la gauche et lui avait servi de justification fondamentale. Si les artifices et les jeux de mots ont donné une mauvaise réputation à la dialectique, les conséquences sont encore pires lorsque l’agresseur est présenté comme l’agressé et l’envahisseur comme la victime. La tragédie du nationalisme consiste à provoquer un cercle vicieux: le nationalisme de l’agresseur stimule le nationalisme de l’agressé, qui à son tour renforce celui de l’agresseur et ainsi de suite. Mais la gauche poutinienne, lorsqu’elle dénonce la désastreuse poussée de nationalisme en Ukraine, omet de mentionner qu’elle est suscitée et encouragée par l’impérialisme russe.

3

Deux grands camps se sont formés au sein de cette gauche.

Le premier courant développe des réflexions de nature géopolitique et assume, comme des faits accomplis, les déclarations et les discours publics d’un camp pour légitimer les faits de guerre réels de l’autre camp. Les propos de ce premier courant ressemblent à des plaidoiries d’avocats dans l’enceinte d’un tribunal supérieur et sont, comme elles, fatigants et vides. Réduits à l’essentiel, ces arguments se résument au danger que la Russie courrait si l’OTAN s’approchait de ses frontières. Or, c’est précisément l’invasion de l’Ukraine qui a poussé la Russie à se précipiter vers les frontières de l’OTAN, et cela a eu un double effet: l’intervention russe a conduit deux pays traditionnellement neutres, la Suède et la Finlande, à demander une adhésion urgente à l’OTAN. Le prétexte selon lequel la conquête de l’Ukraine visait à empêcher l’OTAN de s’implanter dans ce pays s’effondre lorsque l’on voit que la guerre augmentera considérablement la longueur de la frontière de l’OTAN avec la Russie. Celui qui croit à une telle justification est capable de croire n’importe quoi. Lorsque j’ai écrit «Fascisme ou stupidité ? [7]», je ne pensais pas que sa stupidité atteindrait ce point. Une gauche qui n’observe plus les faits et se bat avec des mots se résume à l’impuissance. Cette gauche s’effondre.

Mais il existe également une gauche moraliste – et il en a toujours été ainsi ; elle prône une sorte de religion laïque qui s’accroche à des slogans apparus dans d’autres contextes. On invoque la désertion, mais il a pu y avoir une désertion massive pendant la première guerre mondiale, parce qu’elle s’est produite des deux côtés et a été causée par les révoltes dans les tranchées et dans les forces navales. Il s’agissait alors d’une confrontation entre impérialismes symétriques, et déjà les caractéristiques de la seconde guerre mondiale furent très différentes, car au conflit entre puissances se superposa la lutte contre le fascisme et le racisme national-socialiste. Par conséquent, au lieu de la désertion, des mouvements de résistance se développèrent dans lesquels les aspects politiques et militaires furent confondus. Il ne fait aucun doute que le nationalisme inspira ces mouvements à l’origine, car tout nationalisme d’un côté donne lieu à un nationalisme dans le camp opposé.

Mais dans certains pays, comme la France, c’est la réquisition forcée de la main-d’œuvre pour aller travailler dans les usines du Reich qui transforma la résistance en un mouvement de masse, ajoutant ainsi une composante de classe aux aspects idéologiques et militaires, et les effets de la résistance dépassèrent alors les limites nationalistes. On a pu observer une manifestation de ce triple chevauchement lors des guerres coloniales portugaises de 1961 à 1974. Les désertions, chaque année plus nombreuses, convergèrent avec une émigration clandestine massive pour aller travailler dans les pays européens plus développés, au point que ces deux mouvements se confondirent, ce qui n’empêcha pas certains déserteurs de proposer leurs services aux guérillas anticolonialistes. Le fait est que les camps en lutte n’étaient pas symétriques, comme ils l’avaient été pendant la Première Guerre mondiale. Chaque guerre, née de circonstances économiques et sociales spécifiques, donne lieu à des réactions différentes. Lorsqu’une certaine gauche répète des slogans vieux de plus de cent ans, rien ne saurait mieux démontrer son caractère obsolète.

Pour ajouter au sarcasme, ces deux camps, la gauche géopolitique et la gauche moraliste, se rejoignent lorsqu’ils brandissent le drapeau de la paix pour exiger que les autres pays cessent de soutenir l’Ukraine avec des armes et d’autres matériels de guerre. Sans doute, lorsque l’attaqué n’aura plus aucun moyen de se défendre, la paix régnera-t-elle. Le tsar Nicolas Ier le proclama lorsqu’il étouffa dans le sang la révolte des Polonais contre la domination russe: «La paix règne à Varsovie», déclara-t-il. Et la gauche de l’époque lui répondit que c’était une «paix des cimetières». Mais aujourd’hui, la gauche poutinienne revendique cette paix des cimetières.

4

Il y a donc un avant et un après. De notre part, de la part de ceux pour qui les mots révolutionnaire et anticapitaliste ont encore un sens, il n’y a pas, et il n’y aura jamais, de dialogue possible avec les partisans de cette agression et de cette invasion.

La guerre en Ukraine a provoqué de nombreux décès et en provoquera encore beaucoup, beaucoup d’autres. Dans cette somme de catastrophes, le clivage entre l’avant et l’après s’incarne dans une autre mort, celle de la gauche qui trouve une justification à Poutine et s’est ainsi suicidée en tant que gauche.

João Bernardo, Passa Palavra, 16 juin 2022

GLOSSAIRE (établi par le traducteur)

Anschluss: dès 1933, Hitler intensifie sa campagne pour que l’Autriche, État né en 1919, soit rattachée au Troisième Reich. Pour accélérer le processus, il soutient un coup d’Etat des nazis autrichiens, en 1934, contre le chancelier conservateur «social-chrétien» Dolfuss qui avait supprimé le droit de grève et de réunion, créé une organisation destinée à devenir un parti unique (le Front patriotique) et interdit les partis communiste et nazi. Mais les nazis autrichiens échouent à prendre le pouvoir. En mars 1938, un plébiscite est prévu par le chancelier Schussnig en Autriche, chancelier pourtant très conciliant avec les nazis, mais Hitler masse ses troupes à la frontière tout en mobilisant les milices fascistes du côté autrichien. Schussnig est obligé de démissionner et Seyss-Inquart, le fondateur du Parti national-socialiste autrichien, prend sa place. Les troupes allemandes envahissent alors le pays le 12 mars 1938 et organisent un plébiscite bidon un mois plus tard pour unifier les deux États. D’un point de vue financier, la prise de l’Autriche est fort rentable puisque l’Allemagne s’empare ainsi d’un milliard d’or et de devises placé dans les banques de Vienne, qui jouent un rôle financier essentiel en Europe centrale.

Corradini, Enrico: (1865-1931) : professeur de lycée, directeur de revues littéraires, et auteur de romans et de pièces de théâtre, il défend des idées vitalistes et antimatérialistes. Il dénonce la «décadence morale» de la civilisation urbaine, et prône «le dépassement des factions partisanes au nom de la grandeur nationale, entravée et niée […] par les courants démocratiques et socialistes et la redoutable oligarchie libérale [8]». Son engagement politique nationaliste devient plus marqué à partir de 1903, notamment grâce à ses activités journalistiques intenses, et il s’oppose violemment aux revendications syndicales et au mouvement ouvrier. Il défend une «ligne expansionniste-impérialiste que non seulement la bourgeoisie, mais aussi le prolétariat ouvrier lui-même, devront rejoindre une fois soustraits à l’hégémonie socialiste [9]». Il s’inspire des idées de Barrès et Maurras, mais aussi de personnages politiques aussi divers que Gioberti, Mazzini et D’Annunzio. Corradini critique la lâcheté de la bourgeoisie, et prône la conquête de colonies plutôt que l’expansion industrielle et commerciale. Son objectif est de créer un bloc entre les syndicats et les nationalistes. Il crée l’Association nationaliste italienne (ANI) en 1910, qu’il dote d’un hebdomadaire ce qui donne un plus grand écho à sa conception selon laquelle «L’Italie est une nation matériellement et moralement prolétaire» qui doit lutter contre les nations «capitalistes-ploutocratiques» afin de développer un «socialisme national» et un «esprit militaire agressif de nature révolutionnaire [10]». Il soutient à fond l’intervention italienne en Libye à partir de 1911. «Corradini distinguait au sein de la bourgeoisie une bourgeoisie intellectuelle, une bourgeoisie politique et une bourgeoisie de producteurs : cette dernière seule était une force saine, et s’opposait à la vieille bourgeoisie politique pacifiste et matérialiste : la seule démocratie acceptable était une démocratie de producteurs dans laquelle capitalistes et prolétaires pouvaient trouver une composition de leurs intérêts [11]

Tentant de franchir un pas de plus, il se présente aux élections à la Chambre des députés en 1913 mais n’est pas élu. Corradini soutient l’entrée de l’Italie dans la guerre et crée un quotidien avec l’appui de grands patrons des «secteurs de l’acier, de la mécanique et du sucre [12]». Dès 1921 il s’intéresse au parti fasciste et facilite l’entrée de l’ANI dans le Parti national fasciste en 1922. Nommé sénateur en mars 1923, puis ministre d’État en 1928 il est progressivement marginalisé par le régime et mis à la retraite politique durant les dernières années de sa vie.

Destinée manifeste: selon le dictionnaire Oxford, cette expression désigne «la doctrine ou la croyance selon laquelle l’expansion des États-Unis sur l’ensemble des continents américains était à la fois justifiée et inévitable» au XIXe siècle. Malheureusement son application ne s’est limitée ni aux «continents américains» ni au XIXe siècle.

Entente ou Triple-Entente: alliance militaire entre la France, la Russie tsariste et le Royaume uni, qui résulta de plusieurs accords bilatéraux entre la France et la Russie (1892 et 1893), la France et le Royaume-Uni (1904), et le Royaume-Uni et la Russie (1907). Cette Triple Entente s’affina au cours des crises «provoquées» par l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie, crises qui précédèrent et annoncèrent la première guerre mondiale

Kita Ikki (1883-1937): journaliste, conférencier, initialement socialiste, il se détourne rapidement du socialisme et essaie de bricoler une idéologie combinant un nationalisme japonais non ethnique (le Japon faisait partie, pour lui, du prolétariat international), le soutien à l’empereur et à l’armée, le panasiatisme, le bouddhisme, le confucianisme, l’expansionnisme territorial et une dose de «justice sociale» (réforme agraire modérée plus quelques nationalisations), ce qui en fait l’un des idéologues de l’extrême droite qu’il rejoint en 1920. «Contrairement aux autres socialistes, Kita avait soutenu la guerre de 1904 et 1905 contre la Russie, et il développa à partir de là un patriotisme de plus en plus radical. Tant dans ses écrits que dans sa pratique, Kita combina un nationalisme agressif avec un programme de réforme prévoyant une vaste étatisation de l’économie et de nombreux droits sociaux pour les travailleurs, y compris la réglementation des relations de travail. Cela permettrait de gagner le soutien du prolétariat urbain et des paysans pauvres à une politique qui assurerait la suprématie japonaise en Asie [13].» Il fut arrêté en 1936 puis exécuté l’année suivante pour avoir participé à une tentative de coup d’État militaire.

traité de Saint-Germain-en-Laye : par ce traité annexe du traité de Versailles, qui fut conclu le 10 septembre 1919 et signé en plusieurs langues sauf en allemand (!), les Alliés démolissent et découpent l’empire austro-hongrois en accordant des bouts de territoire à la Pologne et à la Roumanie, et quelques villes à l’Italie; de plus, ils créent deux nouveaux Etats: la Tchécoslovaquie ainsi que le royaume des Serbes, Croates et Slovènes. Ils interdisent le service militaire obligatoire en Autriche, l’obligent à payer des réparations et s’opposent à tout rattachement de l’Autriche à l’Allemagne.

traité de Versailles : traité entre l’Allemagne et les Alliés, mais à l’élaboration duquel l’Allemagne n’a pas eu le droit de participer, signé le 28 juin 1919, et sous la menace d’une invasion de l’Allemagne par les troupes françaises si elle ne l’acceptait pas. Le traité redéfinit les frontières de l’Allemagne au profit de la France, de la Belgique, du Danemark et de la Pologne. Les effectifs de l’armée allemande sont limités à 100 000 hommes, le service militaire est aboli, l’armée n’a plus droit d’acquérir des blindés ou des avions, etc. Des réparations très importantes sont prévues dont seule une petite partie sera payée (20,6 milliards de marks-or sur 132 milliards) et il était prévu d’échelonner les paiements jusqu’en 1988. Les Alliés se partagent les colonies de l’Allemagne en Afrique (Cameroun, Togo,Tanzanie, Rwanda, Burundi, Namibie actuels). Enfin, le traité reconnaît l’indépendance de la Pologne et annonce la création de la Société des Nations.

Notes

[1] Pour approfondir la question de l’évolution de la «gauche» actuelle, on pourra lire les articles de João Bernardo : «Point final. Un manifeste» (2012); «Manifeste sur la gauche et les gauches. Pour quelle raison la gauche actuelle continue-t-elle à utiliser ce nom ?» (2014) ; «Un De Profundis pour la gauche. Huit thèses sur l’effondrement de la gauche» (mars 2022) et le livre Anticapitalisme. Antiquoi? Éditions Ni patrie ni frontières, 2021. Tous ces textes sont disponibles également sur les sites npnf.eu et mondialisme.org (NdT).

[2] Les mots suivis d’un astérisque renvoient au glossaire. Sur Corradini on pourra lire l’article de João Bernardo «Corradini et les syndicalistes révolutionnaires», premier chapitre de son livre intitulé Ils ne savaient pas encore qu’ils étaient fascistes, Éditions Ni patrie ni frontières, 2021 (NdT).

[3] Cf. le livre de João Joao Bernardo, Labirintos do fascismo. Na encruzilhada da ordem e da revolta, disponible en ligne (NdT).

[4] Cf. les articles de João Bernardo rassemblés dans Contre l’écologie, Éditions Ni patrie ni frontières (2017) et aussi disponibles sur npnf.eu et mondialisme.org (NdT)

[5] Cf. les articles de João Bernardo rassemblés dans L’autre face du racisme, Éditions Ni patrie ni frontières (2021), et aussi disponibles sur npnf.eu et mondialisme.org (NdT).

[6] Ce texte sera disponible sur ce site avant la fin du mois de juin 2022 (NdT).

[7] http://npnf.eu/spip.php?article919, 12 avril 2022, (NdT).

[8] Franco Gaeta, Dizionario biografico degli Italiani, volume 29, Treccani, 1983.

[9] Idem.

[10] Idem.

[11] Idem.

[12] Idem.

[13] João Bernardo, Ils ne savaient pas encore qu’ils étaient fascistes, Éditions Ni patrie ni frontières, 2022.

Publié à l’origine en portugais ici.




Fonte: Passapalavra.info